Infiltration d’épaule : sous contrôle échographique ou radiographique?

En cas de douleurs d’épaule, il semble que l’administration de corticoïde soit plus efficace par voie locale (infiltration) que par voie générale (orale, intramusculaire) d’où l’intérêt d’une infiltration (1).

Une infiltration d’épaule peut être effectuée sans contrôle d’imagerie en utilisant les repères anatomiques. Ce type d’infiltration est réalisé au cabinet, au décours de la consultation. Cette technique permet en théorie d’infiltrer la bourse sous acromio deltoïdienne ou l’articulation scapulo humérale ou même acromio-claviculaire.

La radioscopie est utilisée depuis longtemps pour le guidage et l’infiltration d’une épaule que ce soit dans la bourse sous acromiale, l’articulation scapulo-humérale ou acromio claviculaire. L’opacification iodée préalable permet de confirmer la bonne localisation de l’aiguille mais aussi donne des renseignements sur la morphologie, la contenance de la bourse ou de l’articulation.  L’injection  de corticoïde se fait ensuite à l’aide de la même aiguille. Ce geste est simple, rapide et sûr. Le seul écueil, semble-t-il, de ce type de guidage est l’utilisation de rayons X. En préalable, il est important de dire qu’une infiltration d’épaule épargne les organes radio sensibles (thyroïde organe le plus proche). Dans notre expérience, le guidage radioscopique plus la réalisation d’un cliché radiographique de contrôle libère en moyenne 165 mGy.cm2  pour une infiltration sous acromiale et 250 mGy.cm2  pour une infiltration articulaire. 250 mGy.cm2 soit 0,01 msv est l’irradiation d’une radiographie pulmonaire. Cette irradiation est trois fois plus faible que celle reçue lors d’un vol transatlantique (0,03 msv). L’irradiation reçue pendant une infiltration est cent fois inférieure à celle reçue par le rayonnement naturel pendant une année. Ces chiffres montrent combien une infiltration sous contrôle scopique avec radiographie de contrôle est peu irradiante pour le patient. En revanche, cette irradiation doit être réalisée dans de bonnes conditions par l’opérateur en évitant de mettre les mains directement sous le rayon directeur et en se protégeant durant la réalisation du cliché de contrôle.

L’échographie permet aussi de guider une infiltration. Cette technique sûre et non irradiante est d’utilisation aisée. Elle permet de réaliser facilement une infiltration sous acromiale. Les infiltrations articulaires gléno-humérales ou sous acromiales sont de réalisation moins pratique. La littérature (2) montre une efficacité équivalente voire supérieure avec le guidage echographique. Il est surtout retenu une absence d’irradiation et d’utilisation de produit iode.

En somme, sous contrôle radioscopique ou échographique, les infiltrations guidées permettent une opacification efficace de la cible. Le choix de la technique dépend avant tout de l’habitude du centre, des expériences de chacun et de la disponibilité de la technique.

  1. Soh E, Li W, Ong KO, Chen W, Bautista D. Image-guided versus blind
    corticosteroid injections in adults with shoulder pain: a systematic review. BMC
    Musculoskelet Disord. 2011 Jun 25;12:137. doi: 10.1186/1471-2474-12-137.
  2. Rutten MJ, Collins JM, Maresch BJ, Smeets JH, Janssen CM, Kiemeney LA, Jager GJ. Glenohumeral joint injection: a comparative study of ultrasound and fluoroscopically guided techniques before MR arthrography. Eur Radiol. 2009 Mar;19(3):722-30.

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